Se former


Sommaire Méthodes


Questions et polémiques

Quelques éléments de base de ma méthode 

Présentation
Créer une relation
Adoucir ses aides
Motiver
Intérieur/extérieur: trouver l'équilibre...
Comprendre et respecter sa peur

L'équitation éthologique

 

plus de détails sur ce livre Le cheval n'a pas demandé à faire d'équitation. Le premier devoir du cavalier, c'est donc d'essayer de lui faire apprécier ce boulot. Lui parler d'abord dans son propre langage  (gestes et distances) pour créer une relation, s'adresser à lui avec douceur (aides affinées, voix) lorsqu'on le fait travailler, le motiver (explications, renforcements, récompenses) pour qu'il ait envie de bien faire, et enfin connaître et respecter  ses instincts (peur, grégarité) , surtout en extérieur, pour qu'il se sente bien...
Cette démarche n'est pas seulement dictée par l'amour du cheval ou la déontologie! Un partenaire ainsi traité est plus fiable et plus coopératif. Il apprend beaucoup plus vite, il s'applique, il fait de son mieux... et comme il est plus heureux que les autres, il tombe à coup sûr moins souvent malade. 

Créer une relation

 

 

Pour qu'il se sente à l'aise avec l'homme, le cheval a besoin de retrouver des repères connus. Si l'homme arrive à se comporter avec lui un peu à la manière d'un équidé, il gagnera sa confiance et pourra devenir digne d'affection : à la clé, plus de calme, d'attention et d'indépendance. 3 axes à suivre :
- Pratiquer le langage des gestes, que le cheval comprend naturellement.
- S'affirmer hiérarchiquement, en travaillant sur le respect des distances en main
- Etre digne de respect : ni coléreux, ni violent, ni mou, ni timoré (facile à dire, je sais !). Seul un cavalier sûr de lui et amical peut inspirer une confiance pleine et durable.

Adoucir ses aides

Le cheval n'aime pas souffrir. On le comprend. Pour qu'il apprécie son travail, il faut donc s'efforcer de le rendre le moins désagréable possible. L'idée n'est pas d'arrêter la compétition, de demander une moindre performance ou de baisser son niveau d'exigence, mais simplement de rendre ses aides les plus douces possibles. Ainsi la communication s'effectue dans le confort : pas de contractions, pas d'endurcissement, pas de surenchère. Bases à retenir :
- Faire précéder chaque indication des aides d'une demande ultra-douce (ordre vocal, pesée d'assiette, ou petit geste), toujours semblable. Très vite, le cheval apprend à la reconnaître et se met à obéir sans attendre la suite. 
- Mais s'il n'a pas obéi à l'aide douce, il ne faut surtout pas la répéter. Dans la seconde qui suit, faire intervenir des aides plus contraignantes, qui donneront une confirmation claire et efficace de votre volonté. Ainsi l'aide ultra-douce marchera mieux... la prochaine fois ! 

...Voir les articles La politesse des aides, La voix

Motiver

Toute peine mérite salaire. Le cheval n'a pas demandé à travailler. Il a plutôt envie de brouter, de se reposer ou de passer son temps avec ses semblables. Pour lui faire aimer l'équitation, il faut qu'elle lui apporte des satisfactions. En fait, il n'est pas très exigeant : il suffit de quelques petites attentions bien ciblées pour lui apprendre à aimer son boulot en général, et le travail bien fait en particulier :
- relâcher les aides dès l'obéissance (quitte à les réactiver peu après). Pas de jambes ou de mains qui agissent en continu pour entretenir le mouvement...
- Accorder des mini-pauses à la fin des exercices réussis, très souvent, par exemple, toutes les 2 ou 3 minutes. Un temps d'arrêt ou de pas rênes longues, en félicitant, puis on repart...
- Mettre en place un vrai système de récompenses, en associant félicitations vocales, caresses, et sucre. Au début, quand le cheval réussit une tâche, on donne immédiatement les 3, dans cet ordre. A force, quand l'habitude sera prise, la caresse et les félicitations prendront une valeur à elles seules, et le sucre ne sera donné qu'une fois sur 2, puis sur 3, etc..

Voir l'article Motiver son cheval et Savoir dire oui

Intérieur/extérieur: trouver l'équilibre...

 

On fait souvent une distinction artificielle entre les activités de manège, considérées comme un vrai travail, et la promenade, considérée comme une détente.
On a tort ! D'abord parce que le travail en manège devrait comporter ses moments de repos, harmonieusement répartis d'un bout à l'autre de la séance, pour assurer la relaxation physique et mentale du cheval : motivation et progrès sont à la clé...
Ensuite parce que l'extérieur est un lieu de danger, où le contrôle physique et surtout moral de sa monture est indispensable. Le cheval doit non seulement être entraîné à répondre à son cavalier, comme s'il travaillait en manège, mais aussi être formé à respecter, de lui-même, des règlements. Rester immobile, tenir sa droite, marcher au pas rênes longues... Ainsi, on l'intéresse à son travail, et on installe des garde-fous qui fonctionneront en cas d'urgence,  panique ou excitation...

Voir articles La balade, c’est du sérieux et Les contrats

Comprendre et respecter sa peur

 

 

Animal de proie, le cheval ne sait pas vraiment qu'il évolue dans un environnement civilisé. Le pauvre, il s'imagine que certains d'entre nous mangent encore de la viande de cheval, et il a tendance à se méfier de tout. Que faire pour l'aider à se rassurer ?

- Cesser de croire qu'il simule, cesser de le battre pour l'obliger à surmonter sa peur. Car on détruit ainsi la relation de confiance avec le cavalier. Rester calme, doux et assuré...

- En prévention, libérer son balancier pour lui permettre d'observer librement son environnement (rênes en guirlandes). Le contrôle de la vitesse et de la trajectoire doit alors s'effectuer par contrat (voir articles Vol d'encolure, et Les contrats).

- Chaque fois que c'est possible, procéder à une approche en douceur, en le laissant avancer à son rythme, et libre de baisser le nez pour flairer ce qui l'inquiète... Au fil de ces bonnes expériences, il acquerra confiance et sûreté (voir article La peur).

L'équitation éthologique Non, contrairement à une opinion répandue, je ne fais pas partie du courant "chuchoteurs" formé par Parelli ou ses élèves Andy Booth, Ken Faulkner, Sylvia Furer, ni du courant Lyons / Elisabeth de Corbigny... Lorsque ce mouvement a débarqué en France, j'avais déjà un solide bagage, grâce à la pratique de la randonnée, du Trec, des débourrages, du dressage, de l'attelage, de l'éducation des ânes, et à la fréquentation des épreuves de loisir... J'ai donc essayé de comprendre comment tout cela fonctionnait, et retenu de cette approche les exercices qui m'ont paru les plus intéressants (le shaping en particulier), et des outils utiles comme  le licol fin, la corde lourde... Certaines pratiques (la mise à distance, le déplacement du cheval sur indication gestuelle, le travail  rênes longues, l'habituation) coïncidaient exactement avec mes convictions, et je me suis réjouie que l'équitation dite "éthologique" contribue à leur diffusion  plus large. Je ne trouve pas choquant que les formations coûtent cher, à partir du moment où l'enseignement est de qualité. Mais je regrette vraiment certains manques (la voix, les friandises), et encore plus certaines pratiques extrêmes : désensibilisation par immersion ("flooding"), où l'on dépasse le seuil de tolérance du cheval, en l'encourageant à la fuite, "join-up" aux allures vives, excès de flexion. Pour moi, ce ne sont pas des pratiques respectueuses du cheval : je pense qu'elles conduisent à la résignation (comme l'encapuchonnement), et qu'elles font perdre au cheval sa dignité, son esprit d'initiative et son intelligence. J'espère vraiment que les scientifiques vont se pencher sur le sujet...

 

Accueil